Dans le cadre d’une série d’expositions consacrées à l’art contemporain, après Eve Gramatzki, Daniel Dezeuze, Pierrette Bloch et Pierre Buraglio, le musée Fabre de Montpellier Agglomération met en lumière l’artiste Stéphane Bordarier, du 16 janvier au 28 mars 2010. L’exposition présente ses oeuvres les plus récentes mais aussi certaines peintures un peu plus anciennes, dont le contrepoint viendra éclairer sa démarche.
Ces toiles ont été choisies en collaboration avec l'artiste, dans son atelier, ainsi qu'auprès de la Galerie Jean Fournier à Paris et de collections particulières. Après avoir présenté Stéphane Bordarier au sein de l'exposition La couleur toujours recommencée, Hommage à Jean Fournier, marchand d'art, le musée Fabre de Montpellier Agglomération souhaite lui consacrer aujourd'hui un accrochage monographique.
Une technique singulièreStéphane Bordarier est né en 1953 à Beaucaire. Il travaille à Nîmes. Son travail lui confère une position singulière sur la scène artistique française. Depuis les années 1990, il a élaboré un processus de travail qui consiste à enduire de colle de peau la toile tendue, avant d'appliquer sur celle-ci, durant le temps de prise de la colle, la ou les peintures à l'aide d'une raclette. Les toiles présentées aujourd'hui sont accrochées dans les quatre salles voûtées (49 à 52) qui achèvent le parcours des collections permanentes et qui sont dédiées à l'art contemporain.
Mettre en valeur les qualités spécifiques de la peinture Une qualité très particulière de la surface picturale résulte de ce processus. Le critique anglais Mel Gooding précisait dans la préface d'une exposition de l'artiste : « En séchant, la surface de la toile [...] assimile la granulation cristalline de la colle. Cette surface brillante comme un quartz sombre, toujours vibrant, absorbe continuellement les nuances de la lumière. » Ce travail vise donc à interroger les qualités spécifi ques de la peinture : qualités de surface et de couleur. En travaillant jusqu'à épuisement cette double qualité du pictural - via la longue suite des Violet de mars (1996-
2000) - il a progressivement fait émerger ce qui est pour lui une troisième interrogation : le rapport du tableau avec ce qui l'entoure.
Franchir les limites du tableauLa couleur, unique, qui ne recouvre jamais totalement la surface de la toile, déborde sur la tranche du tableau et rejoint physiquement le mur. Travaillant les surfaces sur lesquelles vont être accrochées les oeuvres (grand kraft rouge du stand Jean Fournier à la FIAC en 2000), Bordarier met en évidence un point essentiel de son travail : la partie non peinte, en réserve irrégulière sur les bords de la toile. C'est donc en interrogeant les limites du tableau, le lien à son extériorité, que le peintre se met à réaliser, en 2004, les Tableaux ensemble, juxtapositions de toiles par quatre d'abord,
puis par deux ou trois. Ce sont les derniers développements de ce travail qui sont présentés dans cette exposition au musée Fabre de Montpellier Agglomération.